Un des nombreux geysers qui ont fait la réputation du parc du Yellowstone
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Le rendez-vous est pris avec mon père le 5 octobre 2004 à Salt Lake City d’où nous partirons deux semaines pour le Grand Teton National Park puis le Yellowstone à bord d’une voiture de location.
Après quelques déboires dû à mon manque d’organisation qui m’ont obligé à dormir et mandier quelques frites dans les aéroports de Los Angeles et Las Vegas (ne jamais préparer ses affaire le matin du départ et, surtout, ne pas mettre son argent dans le sac de soute…) et après que mes bagages aient finalement été retrouvés et expédiés à bon port, nous voilà enfin partis.
A noté qu’il est préférable d’abréger au maximum son séjour dans la joyeuse capitale mormone aux multiples interdictions (alcool, tabac…). Les gens y sont distants et peu souriants, contrairement à la plupart des américains qui m’ont aidé ,parlant à peine anglais au début, et ceux rencontrés par la suite.
Pour notre première nuit, nous avons dressé la tente au bord de la Snake River, dont un des bras constitue la célèbre Henris Fork, dans un de ces camping public gérés par les rangers. Les emplacement de camps ne disposent souvent d’aucune facilités si ce n’est, quant cela est nécessaire, des caissons métalliques pour mettre la nourriture à l’abris des ours et d’un tronc où l’on dépose sa cotisation, entre 5$ et 8$ l’emplacement. La Snake était très large à cet endroit, juste à l’aval d un barrage lui même situé l’aval de Jackson Hole, petit village à l’entrée du Grand Teton très bien achalandé en matériel de pêche et où vous pourrez vous faire conseiller. Les nombreuses truites, dont certaines dépassaient les 50 cm, gobaient à qui mieux mieux sur des trichoptères pendant que je me rongeais les ongles, ne m’étant pas encore acquitté du permis et sachant que je ne pécherai pas cette rivière, mon père ne pêchant pas et la Snake n’offrant pas vraiment de possibilités de trekking. La rivière est vraiment magnifique et possède un cours varié. Je pense qu’elle mérite que l’on s’y attarde. Les permis sont de l’ordre de la dizaine d’euros par jour, probablement moins pour une longue période, à prendre dans les flyshop.
Je passe les détails sur les paysages du Grand Teton, d’immenses plaines cernées d’impressionnantes montagne, qui ne peuvent être décrits par des mots. Et ayant malheureusement égaré les photos… Je me rappelle d’une petite rivière limpide serpentant dans la plaine au sud du parc, le long de la route qui mène au Yellowstone…
Le parc du Yellowstone se trouve juste au nord du Grand Teton. Le permis de pêche et de camping s’achète sur place dans les rangers stations, ou en allant sur le site officiel du parc.
La Firehole
Enfin les pieds dans l’eau… Cette petite rivière extrêmement limpide abrite une bonne quantité de truites fario et arc en ciel et quelques cutthroats, souche endémique d’arc-en-ciel. Elle coule dans des prairies et est entourée de geysers, dont l’eau bouillante vient réchauffer la rivière et permet de grosses éclosions même au mois d’octobre à près de 2500 m d’altitude. Les sources chaudes et leurs fumées blanches rendent l’atmosphère féerique.
Les geysers de la Firehole.
Sur sa partie haute, la Firehole est un vrai aquarium et les poissons sont postés dans chaque coulée entre les herbiers. Je me dis que je vais faire un carton mais ces truites sont passablement éduquées par les nombreux pêcheurs qui ont fréquenté la rivière toute la saison. L’approche se doit d’être très discrète et les posés encore plus. Je tire tout de même mon épingle du jeux en allongeant la pointe en 10 centième et en nouant de minuscules nymphes sombres en quil de paon ébarbé, petit thorax en dubbing et hameçon de 20. La finesse du fil n’est pas vraiment un problème car les truites ne dépassent que rarement les 35 cm.
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Je retournai pêcher sur la Firehole quelques jours après, un peu plus bas juste à l’amont de sa confluence avec le Nez Perce Creek. En enfilant mes waders, je remarque de discrets gobages sur les bordures et me rappelle le conseil d’un pêcheur : En cette saison, vers octobre-novembre, les petites BWO sont généralement les seules éphémères à faire monter le poisson. Je monte donc un parachute H22 verdâtre sur une longue pointe fine et touche quelques poissons bien gras. Ces truites, les arcs surtout, ont une défense exceptionnelle, toute en cabrioles.
Puis, soudain, la rivière se couvre de gobages et il devient impossible de faire monter un poisson sur ma BWO. C’est une éclosion de petits trichoptères crèmes qui déclenchait cette folie. Après leur avoir présenté sans succès tout ce que ma boîte comptait de sèdges crèmes, je trouve enfin LA mouche, un tricho émergent corps gris ailes blanches et collerette lièvre. Et le festival de commencer sous l’œil averti d’un coyote.
La haute Madison
(formée par la réunion de la Firehole et de la Gibbon)
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J’ai pêché ce magnifique parcours le temps d’un coup du soir seulement. En arrivant sur le premier pool, je remarque que les quelques pêcheurs en action pratiquent avec de grosses soies, en lançant trois quarts aval et en grattant le fond avec un streamer suivi d’une petite nymphe, ou avec une écrevisse. Je m’installe entre deux pêcheurs et commence à peigner le courant avec une petite nymphe. Mon voisin s’approche et fini par me faire comprendre qu’il faut que je change de technique si je veux toucher les grosses arcs migratrices qui ont commencé à remonter du lac Hebgen pour frayer dans la Madison, et surtout de bas de ligne si je veux les sortir. Il me donne une horrible nymphe noire, énorme et dotée de pattes en élastique, que j’attache à ma pointe pour lui faire plaisir.
Quelques dérives plus tard, un choc violent manque de m’arracher la canne des mains. Il est aussitôt suivi par un démarrage en force vers l’aval qui me sort le backing. Le 25 tient et la belle finit par se rendre à force de départs et de chandelle. Plus de 60 cm de muscles pour cette grosse arc, le pêcheur qui m’a donné sa nymphe est aussi heureux que moi. Il paraît que certaines de ces migratrices atteignent les 80 cm. Quand on connaît la défense d’une arc américaine de 30 cm, ça laisse rêveur.
La Slough Creek
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La Slough Creek est à mes yeux la plus belle rivière du parc. La pêche peut se pratiquer exclusivement à vue du fait de la clarté des eaux et de la facilité à repérer les poissons. Cette rivière est connu pour être excellente en sèche, mais pas lors de ma visite.
Je commence par pêcher les pools profonds juste en amont du camping. Ces pools recèlent les plus grosses truites que j’ai pu observer sur cette rivière, majoritairement des cutthroats mais aussi quelques arcs (rainbows) alors que ces dernières sont absentes du haut du parcours. Ces grosses truites sont très difficiles à leurrer et la hauteur des berges ne facilite pas l’approche. Après nombre de loupés et d’approches bâclées, je touche enfin ma première truite, une jolie cutthroat de 48 cm, avec une nymphe en quil de paon vernie.
Peu avant la nuit, j’aperçois une grosse truite d’une soixantaine de centimètre sortir d’une sous-berge et commencer un circuit à la recherche de nymphes. Je change la pointe pour un bon 16 centième, pose une nymphe noire sur le fond et attend couché dans l’herbe que la belle approche du piège. Enfin la voilà ! Une légère animation et la nymphe est engloutie. Ferrage, départ et casse dans une souche…et m…. !
Après une nuit dans le camping, nous marchons jusqu’à la deuxième meadow (prairie) où nous installons notre camp. Le sac à dos et la nourriture ainsi que les habits portés lors du repas doivent être hissés avec une corde dans un arbre, de même qu’il faut respecter une distance de 50 m entre la « cuisine » et la tente. Tout cela dans le but d’éviter la visite d’un ours brun ou d’un grizzli, d’autant plus que des randonneurs nous ont signalé la présence d’un ours pêchant un peu plus haut.
La pêche sur les méandres de la deuxième meadow fut exceptionnelle : des truites postées sur chaque poste, une eau absolument translucide…sans parler du paysage. Après avoir un peu galéré pour trouver la technique du jour, c’est finalement sur une minuscule nymphe anorexique en quille présentée sur une longue pointe en 10 que je ferai toutes mes prises. La finesse est indispensable sous peine de refus, mais il y a peu d’obstacles et les cutthroats n’ont pas la défense des arcs. En remontant doucement la rivière et en posant ma nymphe très en amont du poisson, je pris ainsi une vingtaine de cutthroats, entre 35 et 45 cm en moyenne. La rivière compte peu de petites truites et la pêche à vue permet de sélectionner les plus grosses.
La pêche fut tout aussi extraordinaire sur le troisième meadow, avec des postes très diversifiés et intéressants à pêcher : de grands plats tapissés d’herbiers, des petits rapides, des pools assez profonds abritant les plus belles truites.
La nuit fut glaciale (-25°C) et des hurlements à glacer le sang nous réveillèrent au milieu de la nuit : les loups.
Nous entamons la descente et dérangeons cinq loups qui s’éloignent pour nous observer du haut d’une colline, nous comprenons peu après pourquoi.
La Yellowstone
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Nous partons pour une randonnée de trois jours le long de la Yellowstone, en remontant depuis l’entrée nord du parc. Le chemin qui longe la rivière sur sa rive droite offre quelques magnifiques points de vue et permet d’apprecier la diversité des paysages de la Yellowstone. La rivière est très large et présente aussi bien de puissants rapides dans des gorges et des chutes que d’immenses plats.
Le brouillard se lève et c’est torse nu que nous marchons jusqu’au deuxième camp, alors que la neige sur les collines fond rapidement.
Je m’arrête en chemin pour tenter avec une pheasant tail tête orange une grosse truite de plus de 60 cm posée sur le fond à quelque mètres du bord Elle se décrocha malheureusement immédiatement. Sur le même poste, dans un calme en bordure du puissant et profond courant principale, je touche quelques gros whitefishs, toujours en nymphe à vue. Ils n’offrent pas la défense d’une truite mais leur pêche est passionnante.
Un peu plus haut, je tente quelques dérives sur un courant prometteur mais l’eau ayant monté et s’étant refroidie, je ne vois aucun gobage. Je parviens tout de même à toucher quelques arcs combatives en pêchant au fil.
Au deuxième camp, les truites ne montrent aucun signe d’activité alors je pêche les whitefishs en sèche puis pars à la recherche d’un beau trou pour le coup du soir. Assis sur un rocher, j’observe les castors qui traversent la rivière et les cerfs sur la berge opposée quand soudain de petits ronds discrets font leur apparition. Une petite oreille de lièvre me permit de faire monter de grasses cutthroats jusqu’à la nuit noire. Le hurlement d’un couguar me fait rejoindre le camp à toute vitesse.
La basse Madison
Je pêche donc finalement en noyé avec une seul mouche sur 25 centièmes, ce qui me permet de venir enfin à bout de quelques grosses arcs jusqu’à 60 cm. Quelquefois les truites se postent sur les bordures peu profondes de la rive gauche et nymphent entre les herbiers. Leur pêche à vue est alors passionnante et très productive.La neige commence à rendre le bivouac sous tente et la toilette dans la rivière de plus en plus difficiles, alors quand un pêcheur me propose un trajet jusqu’à la côte ouest je saute sur l’occasion. Les paysages de la côte et la découverte de la Deschutes River, où je toucherai quelques truites et un saumon, ne me le feront pas regretter, et c’est avec la certitude d’y retourner que je quitte les Etats-Unis pour l’Australie.
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Salut
je pars en JUIN dans le Parc de la Yellostone
Je cherche des renseignements sur les locations de voiture, les campings et l’hergement en général, la restauration et évidemment sur des coins de pêche.
slt
joli recit, ca donne une sacrée envie d’y aller!
Pour l’australie, niveau salmonidés c pas genial ; pour pour le reste…….sacré pays .!
bye
vince
Salut Oliv,
j’ai fait à peu près le même voyage que toi juste après mon mariage.
J’ai encore deux ou trois par semaine des flashs sur l’atmosphère de ces montagnes rocheuses.
Une lumière, une odeur et je repars là bas. Alors je te dis pas à la lecture de ton article…
Super le voyage, c’est excellent et yellowstone à l’air d’être super pour pêcher.
Continu